Une méthodologie conçue pour analyser un fonds dans sa globalité
Choisir un fonds de private equity ne consiste pas à comparer quelques performances passées ou à retenir le TRI le plus élevé. Deux fonds affichant des objectifs similaires peuvent présenter des niveaux de risque, des qualités de construction et des perspectives très différentes.
C’est précisément pour répondre à cette complexité que nous avons développé la méthodologie de scoring Private Equity Valley.
Notre objectif n’est pas de produire un classement basé sur quelques indicateurs financiers, mais de construire une grille d’analyse exhaustive, homogène et reproductible, capable d’évaluer un fonds dans toutes ses dimensions.
Chaque fonds est ainsi analysé selon 133 critères objectifs, répartis en 17 grandes familles, couvrant l’ensemble de son cycle de vie :
- la qualité de la gouvernance ;
- l’expérience et la stabilité de l’équipe de gestion ;
- la stratégie d’investissement ;
- le sourcing des opportunités ;
- le processus de sélection des investissements ;
- le track record historique ;
- la construction du portefeuille ;
- les mécanismes de gestion du risque ;
- la liquidité ;
- les frais ;
- la qualité des opérations ;
- les modalités juridiques du véhicule ;
- les critères ESG ;
- les caractéristiques spécifiques aux fonds evergreen ;
- ainsi que de nombreux autres éléments rarement étudiés de manière systématique.
Mais cette grille ne constitue que le point de départ.
Pourquoi un scoring est-il nécessaire ?
L’industrie du private equity produit une documentation extrêmement riche.
Prospectus, règlements, DDQ, présentations investisseurs, DIC, reportings trimestriels, interviews des équipes de gestion, données publiques, bases de marché…
Pour un investisseur, comparer deux fonds devient rapidement un exercice particulièrement complexe.
À cela s’ajoute une difficulté supplémentaire : chaque société de gestion met naturellement en avant ses points forts.
Les présentations commerciales insistent sur les performances historiques, les succès passés, les sociétés emblématiques du portefeuille ou encore l’expérience des équipes.
Toutes ces informations sont utiles.
Mais elles restent rarement suffisantes pour apprécier la qualité réelle d’un fonds.
Car investir dans un fonds de private equity ne revient pas simplement à choisir un excellent gérant.
Il s’agit d’investir dans un véhicule d’investissement possédant une structure juridique, une politique de valorisation, une discipline d’investissement, des mécanismes de gouvernance, un calendrier de déploiement, une stratégie de création de valeur, un alignement d’intérêts et une construction de portefeuille qui doivent former un ensemble cohérent.
C’est cette cohérence que cherche à mesurer notre scoring.
Un fonds ne se résume jamais à ses performances
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à analyser un fonds uniquement à travers son TRI, son MOIC ou quelques sociétés emblématiques de son portefeuille.
Or ces indicateurs, aussi importants soient-ils, ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Un excellent historique peut être le résultat d’un contexte de marché exceptionnel.
Une équipe expérimentée peut aujourd’hui avoir profondément changé.
Un fonds peut viser des performances ambitieuses tout en achetant les entreprises à des valorisations historiquement élevées.
À l’inverse, un fonds récemment lancé ne dispose parfois d’aucun historique propre alors même que son équipe présente plusieurs décennies d’expérience et une discipline d’investissement remarquable.
Pris isolément, chacun de ces éléments peut conduire à une conclusion erronée.
C’est pourquoi notre méthodologie repose sur une analyse multicritère.
Aucun critère, pris individuellement, n’est capable d’expliquer la qualité d’un fonds.
C’est uniquement la combinaison de l’ensemble des informations disponibles qui permet d’obtenir une vision pertinente.
Tout peut sembler parfait… jusqu’à ce que l’on prenne du recul
Un fonds peut obtenir d’excellentes notes sur la quasi-totalité des critères techniques.
Une gouvernance irréprochable.
Une équipe reconnue.
Un historique solide.
Des frais compétitifs.
Une documentation particulièrement transparente.
Sur le papier, tout semble réuni.
Pourtant, lorsque l’on adopte une vision plus globale, certaines zones de vigilance peuvent apparaître.
Le fonds achète-t-il aujourd’hui ses participations à des niveaux de valorisation historiquement élevés ?
Le portefeuille est-il réellement constitué ou l’investisseur s’engage-t-il encore dans un blind pool dont la majorité des sociétés restent inconnues ?
Le calendrier de déploiement est-il cohérent avec le cycle économique actuel ?
Les performances passées sont-elles reproductibles dans le contexte de marché d’aujourd’hui ?
Le risque pris est-il correctement rémunéré ?
Autrement dit, everything is shining… but is everything really aligned?
Notre méthodologie cherche précisément à répondre à cette question.
Une vision contextualisée du fonds
Deux éléments illustrent particulièrement cette philosophie.
Le premier consiste à analyser la discipline de valorisation du gérant.
Une excellente société peut devenir un mauvais investissement lorsqu’elle est acquise beaucoup trop cher.
Notre méthodologie compare ainsi, lorsque cela est pertinent, les multiples d’acquisition du portefeuille avec les niveaux de valorisation observés sur le marché au même moment, notamment grâce aux données de référence de l’Argos Index. Cette approche permet d’évaluer si la performance future devra être créée par la qualité opérationnelle des entreprises… ou simplement par l’espoir que les multiples restent durablement élevés.
Le second consiste à mesurer le niveau réel de déploiement du fonds.
Deux fonds peuvent afficher une stratégie identique.
Pourtant, l’un peut déjà être investi à plus de 80 % avec un portefeuille largement constitué, tandis que l’autre demeure essentiellement un blind pool dont les investissements restent à réaliser.
Ces situations présentent des profils de risque radicalement différents.
Le scoring intègre naturellement cette réalité afin de replacer chaque fonds dans son véritable stade de maturité.
Une note ne remplace jamais l’analyse
Le score final n’a jamais vocation à décider à lui seul d’un investissement.
Il constitue un outil d’aide à la décision.
Une synthèse.
Un langage commun permettant de comparer objectivement des stratégies parfois très différentes.
Derrière chaque note se trouvent plusieurs centaines de points de contrôle, des dizaines de documents analysés et une méthodologie identique appliquée à tous les fonds.
Le score n’est donc pas une fin en soi.
Il est la traduction d’une analyse beaucoup plus large.
Notre conviction
Nous sommes convaincus qu’un excellent fonds n’est pas toujours celui qui présente les chiffres les plus impressionnants dans sa brochure commerciale.
C’est celui dont la stratégie, l’équipe, la gouvernance, la discipline d’investissement, la qualité des actifs, le niveau de valorisation, la construction du portefeuille, la gestion du risque et les intérêts des investisseurs forment un ensemble cohérent.
C’est précisément cette cohérence globale que cherche à mesurer la méthodologie de scoring de Private Equity Valley.
Parce qu’en private equity, ce n’est jamais un critère qui fait la qualité d’un fonds. C’est l’équilibre de l’ensemble.